Par Philippe Pilato
Cette « pièce nue » est née de l’étrange rencontre entre Lionel Parrini et Philippe Pilato – rencontre de blog à blog mais aussi d’un échange de regards qui tout à coup, derrière les mots, disait le déshabillage et la poésie – et d’une proposition faite spontanément, sur le mode libertaire du désir de dire/faire/créer ensemble un objet qui ne soit ni mondain ni préfabriqué : un ping-pong au napalm , mais un napalm pour vivre, ouvrir, voir, et non détruire, heurter ou faire de la fumée. Alors Lionel créa une scène, alluma des bougies, fit entrer Eponge, nu, côté cour, et Cravate, gravure de mode, côté jardin. Eponge tenait un coquelicot qu’il offrit à Cravate en guise de bienvenue à quelque chose dont ni l’un ni l’autre n’avait la moindre idée et qui était bien le désir.
Les répliques se répondirent ensuite sans effort ni calcul, comme par magie, parce que l’impact de la proposition de l’autre faisait chaque fois mouche et libérait de belles créatures dans les deux ventres ouverts où les cœurs se regardaient battre. Une aventure, autrement dit, poétique, où les mots de scène n’ont d’autre but que de refléter l’agitation vitale qui s’est emparée des protagonistes.
Que s’est-il dit, fait, donné, contre-donné alors de la nudité et des pudeurs, et de cette irrépressible envie de voler qui saisit les aventuriers ? C’est précisément ce qu’Eponge et Cravate vous invitent à découvrir dans cette fulgurante incursion/excursion qu’un jour - c’était un 15 février – Eponge conclut dans un feu d’artifice et baptisa, comme on le fait pour un enfant – attention, un enfant de l’amour, bien sûr – du titre si joli d’Eclipse Nuptiale.
Un soir, entre deux emails, une proposition folle : et si on écrivait une histoire en ping pong. Et puis, un jour : voilà.